par David Alexander et Jeremy Pelofsky
WASHINGTON (Reuters) - Le président élu Barack Obama a entrepris lundi de défendre au Capitole, devant les responsables du Congrès, un vaste plan de relance de l'économie américaine dont l'adoption s'annonce plus tardive qu'espéré par le camp démocrate.
"Nous sommes dans une position très difficile", a déclaré le futur chef de la Maison blanche à des journalistes après une réunion avec ses conseillers économiques. "La situation est mauvaise. La situation empire."
Obama souhaite promulguer rapidement après son entrée en fonction, le 20 janvier, un ensemble de mesures de soutien de l'économie chiffré à 775 milliards de dollars sur deux ans. Il s'efforce pour cela d'obtenir le ralliement des deux partis, démocrate et républicain, alors que certains élus républicains ne cachent pas leurs réticences.
"Il est clair que nous devons agir, et que nous devons agir maintenant pour répondre à cette crise et briser l'élan de la récession, ou les deux prochaines années seront bien pires encore", a déclaré le futur président démocrate.
"Nous prévoyons qu'à la fin janvier ou dans la première semaine de février, nous aurons fait le plus important", a-t-il dit.
Barack Obama s'est entretenu avec la présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, et il a indiqué que les chiffres de l'emploi pour le mois de décembre, qui seront publiés vendredi, donneraient probablement "à réfléchir" et souligneraient davantage le besoin d'agir.
Les économistes interrogés par Reuters attendent en moyenne 500.000 suppressions d'emploi, ce qui porterait leur nombre total aux Etats-Unis en 2008 à 2,5 millions.
CRITIQUES RÉPUBLICAINES
Le nouveau Congrès se réunit mardi et le camp démocrate, qui espérait que le plan de relance serait prêt à être signé par le président dès son investiture, estime maintenant qu'il faudra un mois voire plus pour trouver un terrain d'entente avec les républicains afin d'éviter un blocage procédurier au Sénat.
Les détracteurs républicains des projets de relance s'étaient déjà opposés à l'intervention du gouvernement pour sauver les banques ou le secteur automobile et redoutent de nouvelles dépenses publiques.
Ils estiment que le plan pourrait atteindre in fine jusqu'à 1.000 milliards de dollars, alors que les Etats-Unis sont déjà grevés par un énorme déficit budgétaire.
Après Pelosi, Obama s'est entretenu avec le leader républicain au Sénat, Mitch McConnell, qui a laissé entendre que son parti pourrait soutenir certaines mesures du plan.
"Je crois qu'il y a une large volonté des républicains d'introduire un pourcentage significatif dans ce plan de réduction d'impôt," a dit McConnell.
"Il sera intéressant de voir, non seulement quel est le montant de ce plan de réduction mais également la manière dont il sera organisé", a-t-il ajouté.
Lors de la campagne présidentielle, Obama avait proposé un crédit d'impôt de 500 dollars pour les salariés et des exonérations pour les entreprises créant des emplois.
Un conseiller démocrate a estimé que le montant global de ces réductions s'élèverait à 300 milliards de dollars.
Selon un de ses conseillers, le président élu pourrait prononcer cette semaine, peut-être jeudi, un discours pour souligner encore l'urgence de répondre à la crise.
Le plan de 775 milliards de dollars comprend, pour 60%, des dépenses d'infrastructures (routes, ponts, écoles) et, pour les deux cinquièmes restants, des réductions d'impôts aux entreprises et aux classes moyennes.
Ces baisses d'impôts visent à rallier les voix des conservateurs qui sont traditionnellement plus favorables à ce type de mesures qu'à un accroissement des dépenses fédérales.
Obama et les démocrates du Congrès envisagent également une augmentation des prestations publiques de l'assurance maladie et de l'assurance chômage dans le cadre d'un programme de deux ans.
"Bien que nous voulions remettre l'économie en marche, il sera important de voir quel est le montant global et la manière dont nous l'affectons", a indiqué John Boehner, leader des représentants républicains.
Version française Pierre Sérisier et Jean-Stéphane Brosse
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